1977 marquera le début d’un ouvrage sur le thème de la femme intitulé « Portraits de femmes » Il se compose de huit lithographies représentant différents portraits de femmes faits à différentes époques, accompagnés de dix-huit poésies. Dans cet ouvrage, il rend un véritable hommage à la femme, celui d’un peintre et d’un poète certes, mais surtout celui d’un homme amoureux fou, sans cesse en admiration devant l’éternel féminin ; la femme source d’amour et de vie. La douceur, la tendresse et bien sûr la féminité, telles sont pour lui les qualités essentielles chez une femme ; elles s’appelleront : Betty, Françoise, Juliette, Nelly, Eve, Marie, Odile… et d’autres encore qui, à une époque donnée, l’ont inspirées. Plusieurs articles paraîtront dans différents journaux pour relater cet événement : « Le Figaro-Paris-Normandie » du 21 Septembre 1977 : « Découvrez avec Corsia « portraits de femmes »
Portrait de jeune femme, 1970
La femme chatte, 70
La cavalière, 70
La vieille dame, 70
Portrait collage, 70
La femme au chapeau, 70
Maternité, 70
« Commence a aimer… », 70
Les huit lithographies composant l’ouvrage : « Portrait de femmes » 75 x 53.7cm
« Le Figaro – Paris-Normandie » du 7 Octobre 1977 « Un hymne à la femme» signé Corsia. « Ouest-France » du 7 Octobre 1977 et « le Pays d’Auge » du 21 Juillet 1978 : « Aux arts de l’enclos» Corsia présente son nouvel ouvrage Lithographique. « Ouest-France » du 25 Juillet 1978 « Le peintre Corsia se fait aussi poète. » Un exemplaire de cet ouvrage sera remis à son ami Fernand Ledoux
Fernand Ledoux entre Michèle Morgan et Jean Gabin dans le film Quai des brumes de 1938
Villerville à 2kms de la Planche de Pierre après Criqueboeuf. Vue du Cabaret Normand ou a été tourné le film « Un singe en hiver » avec Gabin et Belmondeau
Affiche du film de 1962
Eglise de Criqueboeuf
Un article paraîtra dans « le Pays d’Auge » du 25 Juillet 1978, dont voici quelques passages : « En sortant du salon des artistes Honfleurais, Fernand Ledoux est passé par la galerie « Les arts de l’enclos », où il a retrouvé son ami Corsia. Ce dernier se fit un plaisir d’offrir son nouvel ouvrage lithographique au célèbre acteur. Un fort beau cadeau auquel Fernand Ledoux fût très sensible » « L’Eveil Côte Normande » du 27 Juillet 1978 : « Du nouveau dans la lithographie » Un autre livre encore sera offert au Musée de Trouville. Un article paraît dans « Le Figaro – Paris-Normandie » le 6 Octobre 1978, Beaucoup de personnalités de Trouville étaient présentes… Toujours dans le chapitre des Musées… Gilbert entrera au Musée Eugène Boudin d’Honfleur, en faisant don d’un livre de lithographies. Beaucoup d’articles suivront… Entre autres, une présentation de ses toiles se fera au collège Charles Mozin de Trouville.
Pour la presse, improvisant devant le photographe
En 1942 à Paris sur le même piano. Photo prise par un journaliste de Time life.
Dans son atelier pour des photos de presse
L’atelier de Gilbert comme il l’avait laissé en Octobre 1985
Posant pour la presse
Posant toujours pour la presse
La falaise et la mer sous l’orage, encre de Chine 1940
D’autres portraits de femmes qui auraient pu être reproduits en lithographies…
Portrait de femme acrylique,80
Portrait de femme collage, 70/75 A peut-être servit de base a une peinture du même portrait ci-dessous
Je me rappelle vaguement de cette époque où Gilbert avait transformé la villa en hôtel, restaurant, en 67 je crois. Je me souviens seulement avoir vu beaucoup de monde envahir mon domaine d’enfant timide maladif. Tous ces inconnus qui avaient tout d’un coup tous mes droits ; aller d’une pièce à l’autre, impunément, fouler l’herbe du jardin, toute l’herbe ! Quelle époque détestable ! (A part la nourriture soudainement en abondance et les quelques jus de fruits que j’allais siroter dans la remise… Pardon papa…)
Unique carte de visite rescapée de cette époque restauration
J’étais trop jeune encore pour me rendre compte du travail qu’il fournissait à cette époque. Il faisait les courses, la cuisine, servait les clients avec ma mère. Je ne sais pas comment il trouvait encore le temps de peindre, en fait, je crois qu’il ne peignait plus beaucoup. Lorsqu’un client demandait une grillade, il filait discrètement prendre sa voiture et fonçait au village voisin à deux kilomètres, chez le boucher, et revenait non moins rapidement pour la faire cuire et la présenter au client, ravi d’être servi d’une entrecôte vraiment cuite à son goût… Quelques « personnalités » plus ou moins connues vinrent séjourner ou se faire servir dans son restaurant et acheter quelques œuvres… Il abandonnera la restauration en 1973, peu après un grave accident où j’ai failli perdre la vie. Il écrivit dans un de ses poèmes « Un bureau Henri II » qu’il n’avait pas aimé les années 1967 à 1973.
Je dois citer mon frère aînée Jean-Jacques qui soutint mes parents, financièrement entre les périodes où mon père vendait ses œuvres.
La villa de Pennedepie depuis le portail du jardin avec l’atelier à gauche en 1985
Gilbert a commencé sa carrière par expérimenter divers techniques qu’il gardera ou abandonnera au long des années. Ses premières œuvres étaient très figuratives, comme l’Aquarium, La Cour, ou Le Moulin dont il peignit différentes versions où sa techniques commençait à évoluer.
La cour en 1935, l’enfant est la demi-sœur de Gilbert
Le moulin à eau 1935
Une des versions du Moulin vers 60, figurant sur le catalogue d’exposition rétrospective K.G.
Autre version du moulin 60
Déjà il me semble qu’on peut remarquer en certaines de ses toutes premières œuvres un semblant d’évolution vers l’abstrait.
1937
Compotier 1940, collection D. Bourdette
1940
Ses premiers dessins au crayon très figuratifs d’un style qu’il abandonnera rapidement.
dessin au crayon 1935
Le Panthéon vu du Jardin du Luxembourg
Portrait de femme, 1937 collection de Françoise
Portrait du Christ au crayon 1935
Il disait qu’un jour où il était entré aux toilettes d’un café il avait remarqué un graffiti représentant un nu de femme d’un style très explicite… Les traits étaient intenses, très marqués et il pensait, comme le désir de ce type qui a dessiné ce nu devait être incroyablement ardent. Il adoptera une technique similaire de dessin en lignes très accentuées. (Technique utilisée par Bernard Buffet dont Mme G. Ducret, tenante de galerie où Gilbert était exposé en 1948, rapportera dans une lettre (publiée dans un autre chapitre), ainsi que dans un article de presse, qu’il s’en était inspiré)
Dessin de Bernard Buffet
Encre de Chine de Gilbert Corsia en 1940 et suivant
Les années 1950/1960 marqueront la période K.G. où il a peint les plus belles et le plus grand nombre de natures mortes d’un style qu’il n’aimait pas vraiment mais qu’il gardera jusqu’au moment ou il cessera de livrer K.G. de ses œuvres
Bouquet de fleurs et réveil 1940
Bouquet au vase transparent 1940
Bouquet au miroir 1940
Bouquet aux deux vases 1950
Oranges et mimosa 1945
Autre version d’oranges et mimosa 1950
Tasse de chocolat 1960
Nature morte, seule photo en N&B 1950
Nature morte 1950
Après qu’il ait courtoisement remercié K.G. début 60, son style de peinture devint aussi éclatant de couleurs que différent en sujets
La voie de chemin de fer 50/60
Intérieur du salon à, Pennedepie 1960
La rivière 60/70
Portrait de femme 1970
Portrait d’arlequin aux pastels 1970
Bouquet abstrait 60
Les barques, pointillisme 70/80
Les joueurs(joueuses) de cartes 80
Abstrait 70
Portraits de femmes 75
Chemin de fer abstrait 70 (et suivant collection de Michèle Galice)
Gilbert paraîtra régulièrement dans les journaux avec des articles le qualifiant bien souvent déjà, de génie de la peinture… Tel que, par exemple, dans « Arts », revue de peinture de 1947, où il cite une rencontre avec une certaine « Betty Canon » « Une nuit où je me trouvais au « Tango », bal musette situé rue Aumaire, je remarquais sur la scène exigu, une chanteuse dont la voix, comme déchirée, me troublat jusqu’aux larmes. Elle n’était certes pas des plus jolies, courte de taille, grosse caboche avec des orbites effarées affleurant son front… un peu, quoi, un hibou mélancolique mal éveillé ! Sa chansonnette débitée, elle sautait du plancher et fit la quête dans un pauvre plateau cabossé. Je ne sais quel mystère me liait bizarrement à elle ? Lorsqu’elle passât devant moi, je déposais généreusement dans son plateau une pièce de dix sous. Elle me gratifia néanmoins d’un sourire ami ; quelques instants après, nous étions assis côte à côte devant une petite table…
Edith Gassion en 1934
Elle me dit qu’elle s’appelait Betty Canon (Edith Gassion) chanteuse inconnue, obscure, de quelconque bastringue. Quelques années s’écoulèrent quand j’entrais par hasard au « Le Gerny’s » cabaret à la mode, rue Pierre Charon, aux Champs-Élysées.
Une chanteuse demeurait encore sur scène. Je reconnus ma petite amie du bal musette, mais frusquée « À la riche ». Betty Canon était devenue la célèbre Môme Piaf ! Je lui murmurais : « Te souviens-tu du marin ?… alors elle versa quelques larmes… »
Edith Piaf
Plus farfelus et presque à pleurer tant cet article est truffé d’idioties… début 1960, dans France Dimanche qui vint interviewer Gilbert probablement à la suite de cet article dans la revue « Arts » et fit paraître en première page : « Corsia, le Légionnaire d’Edit Piaf »
A noter en arrière plan, la grande fresque que mon père avait accroché au mur de l’appartement et dont les détails sont montrés ci-dessous.
Une lettre de Marcel Gimond, ami de Gilbert, suivant une exposition à la galerie K.G. « Mes compliments, Cher Corsia, voilà de la peinture faite pour durer plus qu’une saison. Je regrette d’avoir été pris le jour de votre vernissage. Je profite de mon premier moment de liberté pour venir. Je me retire, sans déception, ce qui est rare de notre temps. Je joins mes compliments à Katia et à Rose. A tous, mes bons souvenirs. » M. GIMOND.
(Marcel Antoine Gimond (1894–1961) Est un sculpteur Français connu pour ses bustes, statues et portraits en bronze)
Autre article étonnant de détails erronés : « CORSIA QUI EXPOSE ACTUELLEMENT CHEZ KATIA GRANOFF CRAINT PLUS LA HAUSSE DU PRIX DES LEGUMES QUE L’INCOMPREHENSION DU PUBLIC » « Corsia, à trente ans, expose chez Katia Granoff ses premiers tableaux. Ils sont peints avec la maturité d’un homme habitué depuis longtemps à la lutte contre la matière qu’il aime dans toute sa plénitude. « Lorsque Corsia ne peint pas, il tient la boutique de ses parents », (Ses parents (?) sa mère n’a jamais eu de boutique et son pauvre père décédé en 1914 !) Ceux-ci (?) et cela est déjà arrivé à d’autres pères et à d’autres mères d’artistes, vendent des légumes. Ces jours-là, partant de la rue de Rennes (Lagrange !) Corsia traîne la charrette un peu comme un chien qu’on fouette. En vérité, il n’aime que la peinture. Il en fait sur de vieux chiffons (?) des morceaux de draps usagés, des cartons, des planches pourries… (!) Que sais-je ? Et justement parce qu’il exerce un autre métier, bien des gens penseront que le peintre authentique dont il s’agit est comparable à tant de braves artisans qui prennent leurs pinceaux le dimanche, exactement comme d’autres vont au café, à la pêche ou au billard. Non ! Corsia n’est pas un peintre amateur. Il y a déjà dix ans qu’il lutte courageusement contre le motif. Il travaille en pleine pâte. Un jour, il peignit Notre-Dame sous une pluie battante, et il y a trouvé des richesses que d’autres n’avaient pas pressenties avant lui.
Notre-Dame sous l’orage 1955
Dans ses dessins surtout, Corsia pose les bases de cette troisième dimension qui intéresse autant les peintres que les philosophes. Il y a des moments où il la rend presque présente.
Encre de Chine, le moulin 70
Trop peu connu et aussi trop pauvre, Corsia n’a pu trouver de préfacier. En quelques lignes, il se présente lui-même. Il raconte qu’il fabrique ses couleurs en mêlant des poudres à l’huile de lin, technique qui le rapproche des plus grands anciens. « L’an dernier, les oranges se vendaient bien ; Corsia faillit abandonner (!?) la peinture. Aujourd’hui, la plus méchante histoire qui pourrait lui arriver, c’est la hausse des légumes ».
Autre version d’un moulin encre et pastels 1950
Cet autre article (Avec un C au lieu d’un S…) : « CORCIA L’AFRICAIN… » « Est-ce qu’il a été tout d’abord marchand d’oranges, poussant lui-même sa voiture des quatre-saisons, que Corcia montre chez Katia Granoff de si belles natures mortes ? Ce jeune Africain du Nord aime la nature somptueuse ; tous ses derniers tableaux exécutés en pleine pâte ont la beauté de l’émail. Il est arrivé à faire d’après sa fille, en y travaillant plusieurs mois, un véritable portrait d’âme ».
Françoise et Michèle, filles de Gilbert. Deux portrait qui figurent sur une grande fresque sur toile probablement 3m sur 2m. Partie gauche
Partie basse de la fresque
Partie hauteSimone, détail sur la fresque
Il passera également dans la « Revue du Bureau International de Documentation », le 15 Avril 1955. Dans les « Arts », en 1959. « Les Lettres Françaises », le 25 Mai 1961. Un an avant, le 27 Mai 1960, la Direction Générale des Arts et des Lettres du Ministère des Affaires Culturelles, lui fera parvenir une lettre de proposition d’achat pour une toile intitulée : « Nature morte à la boite bleue »
Natures mortes à la boite bleu, achetée par le ministère de la culture en 1960, huile sur panneau d’isorel
Cette fameuse toile a été achetée, par l’Etat, à la suite de cette proposition, pour la somme de 1500 Frs, environ, ce qui faisait considérable pour l’époque.
Lettre d’offre d’achat
Elle se trouvait depuis 1963, pour je ne sais quel obscure raison, au musée de l’hôpital militaire du val de Grâce, où je crois mon père avait dû séjourner pendant sa période dans la marine, remisée depuis 1980 dans un grenier, jusqu’en 1997, date prévue de fin des travaux de restructuration du musée. J’ai fait une demande pour voir cette oeuvre, en 1996 mais j’ai été extrêmement mal reçu par le conservateur militaire… (Après ma lettre du 22 Avril 1997, la toile a été restituée au Fnac. (Fond Nationale d’Art Contemporain)
Lettre du FNAC
Toujours en Mai 1961, dans la revue « Peinture fraîche » à la suite d’un article sur Raoul Dufy, on peut lire le concernant : CORSIA Galerie Katia Granoff « Est-il connu selon ses mérites, ce Corsia, puissant pétrisseur de pâte colorée ? C’est d’un épais crépi que surgissent, harmonieux, clairs et d’un chromatisme savamment ordonné, ses paysages et ses natures mortes. Pas plus que Bouche et Cottayoz, Corsia ne fait un système de sa technique par empâtement. Ils varient selon les sujets et la lumière. Ils ne cessent de dépendre de l’organisation de ses sensations »
Continuons dans les années 1960, plus précisément le 3 Octobre 1962, dans le journal « Paris-Normandie », cette fois-ci encore un bel article. Suivront une cascade d’autres dans divers journaux que voici : « Cannes-Festival » du 28 Février 1963, « le journal de l’amateur d’art » du 25 Février 1963 « L’Indépendant Honfleurais » du 16 Février 1963 « l’Humanité » du 8 Mars 1963 et « France-Soir » du 2 Mars 1963 dont voici l’article : « CORSIA, ancien vendeur des quatre-saisons, peint des natures mortes somptueuse avec un art incomparable, il sait faire dire leur romance aux objets les plus simples en employant une pâte somptueuse, émaillée, proche à la fois de Soutine et de Braque. Élevé en Algérie, Corsia est fixé désormais sur la Côte de Grâce près d’Honfleur, et ce n’est pas la moindre qualité de son tempérament que de savoir exprimer toute la finesse du paysage normand.»
Chemin à travers champs 60
Chemin et poteau électriques 50/60
Champ de blé 50/60
Paysage 50/60
D’autres encore d’Honfleur : « l’Eveil », « le Pays d’Auge » Encore un très bel article dans « Paris-Normandie » du 23 Juin 1967, où il sera question de sa première exposition libre. Et toujours une pléiade d’articles à quelques années d’intervalle… Gilbert exposera à Deauville, en 1973 en avant première sur Paris dans une exposition intitulée « Les grands peintres juifs d’expression Française » Autour de Chagall, Modigliani, Soutine. Sur dix-sept toiles demandées, une seule sera réellement exposée, sans raison apparente…
Suivra à la même période, toujours dans le chapitre des expositions, celle du groupe des cinq où Gilbert failli d’ailleurs ne jamais exposer ; les autres peintres, peu talentueux, créant une véritable pagaille dans cette galerie, s’appropriant tous les murs. Voyant cela il s’enfuit dans le jardin, rattrapé par Simone qui alla trouver le gérant de la galerie et lui posa ses conditions pour un meilleur accrochage. Une seule toile fut vendue pendant cette mascarade d’exposition, celle que le gérant se réserva, la vente en étant déjà assurée… Par contre de nombreux clients, suite à l’exposition, indignés de le voir en si triste compagnie, vinrent le trouver dans sa villa où il réalisera coup sur coup dix-sept ventes en l’espace de trois semaines…
Divers portraits de femmes. Pastels sur Canson 70
Après cette période faste et tourmentée, Gilbert retrouvera le calme de son atelier dont il n’aimait que très rarement sortir, se plongeant dans une rage de peindre qui le sortait du sommeil, parfois dès quatre heures du matin et là, il ressentait comme un grand bouillonnement dans sa tête et il nous expliquait avoir une soupape qui laissait sortir son inspiration juste devant ses toiles ou comme une force supérieure venant de l’espace… Si bien qu’il nous disait souvent, sortant de son atelier, les mains tachées de couleurs, grisé par son travail : « Ah ! Quel métier de c.. ! Je ne mets plus les pieds dans mon atelier pour aujourd’hui… » Puis, il allait se laver les mains. Quelques instants plus tard, après un café, il étais dans son atelier, replongé dans sa folie créative !
Bouquet de Dahlias 60
Bouquet à la lampe 50
Langoustines. Nature mortes et paysage, archive K.G. fin 50
Nature morte aux allumettes, archive K.G.
Port de Trouville
Article de presse sur l’effondrement des falaises de Villerville
« L’Eveil », du 9 Septembre 1982. « Villerville, vente aux enchères au profit des sinistrés». (Quelques passages de l’article) : « En Janvier dernier, une catastrophe est survenue à Villerville : la falaise s’est affaissée… Rappelez-vous le bouleversement que cela avait causé dans la région. C’était en première page des journaux et même à la télévision ils en avaient parlé. Des gens se trouvaient ruinés… Aujourd’hui, on n’en parle plus, mais ces sinistrés sont toujours aussi démunis. L’hiver va venir, mais n’ayant reçu aucune aide et n’étant pas autorisés à récupérer ce qui leur reste de leurs maisons que vont-ils devenir ?
Barques sur la plage
Heureusement, tout le monde ne les a pas oubliés. Madame Biais, Présidente du Syndicat d’Initiative, une femme généreuse, et Maître Dupuy, Commissaire-priseur à Honfleur et qui a agi d’une manière totalement désintéressée, ont décidé de contacter tous les artistes de la région, et ceux-ci, dont Gilbert, ont répondu présent en offrant tableaux, livres et autres… C’est pourquoi il y aura une vente aux enchères publiques dont l’argent récolté sera intégralement versé aux sinistrés…»
Peut-être à la suite d’un coup de cafard je crois, mon père eu envie de quitter la région, en voulant vendre sa villa pour rejoindre ses enfants en région Parisienne… Était-ce une coïncidence ou bien une prémonition sur ce qui allait se passer un an et demi plus tard… Un article paraîtra en Avril 1984, dans « le Pays d’Auge » : (Extraits de l’article) « Installé à Pennedepie depuis vingt quatre ans : LE PEINTRE CORSIA VA QUITTER LA REGION… » « Peut-être une dernière année à Pennedepie pour le peintre Corsia qui présente actuellement deux expositions. Installé à Pennedepie depuis 24 ans, le peintre Corsia fête cette année « son demi-siècle » de peinture. Le peintre, âgé aujourd’hui de 69 ans, a élu domicile dans une petite maison *(?!) située route de Trouville. Là, depuis 24 ans, il a créé sa peinture et ses collages, mais aussi il accueille les visiteurs, leur présente ses œuvres et sa démarche picturale… Mais cette maison « ouverte » véritable Musée du peintre où les différents courants d’inspiration se côtoient, pourrait se fermer car Corsia a l’intention de quitter la commune pour se rapprocher de ses enfants. Peut-être pour sa dernière année sur la côte normande. Le peintre propose deux expositions : l’une dans sa maison où, d’année en année, il reçoit les amateurs d’art et les touristes de passage ; l’autre à Villerville… »
L’année 1985 sera une année faste et tragique en même temps. Une personne visitera la villa de Pennedepie qui était mise en vente et sympathisera très vite avec Gilbert et, coïncidence, elle est antiquaire à Honfleur, « Aux Arts de l’Enclos » où il avait déjà exposé quelques années auparavant… Gilbert lui proposera une exposition ; elle se fera un peu plus tard vers juin 85, remportant un très vif succès. En janvier 1986, au moment où je termine cette biographie, l’exposition a toujours lieu les week-ends, en attendant les beaux jours…
* (Petite maison… villa de deux étages !)
Quelle était donc bizarre cette année 1985 mêlée de joie et de tristesse. Je passais le mois de janvier en Australie, nous fêtions mon mariage en juillet, mon père savourait le succès de son exposition d’Honfleur et, en septembre, nous apprenions, comme un mauvais calembour tant cela nous paraissait absurde, que Gilbert était atteint d’un cancer généralisé… Lui qu’on croyait si fort… un cancer… Le chirurgien ne pouvait que s’être trompé. Autres chirurgiens, même verdict. Gilbert a dû couver son cancer probablement près de 25 ans des suites de l’ablation de son estomac.
Un mois plus tard au soir du 17 octobre il nous laissait, à l’hôpital d’Equemauville où il s’est éteint.
A la suite d’une première opération de l’estomac qui lui fut terriblement pénible : Quatre heures en salle d’opération implorant le chirurgien de l’achever pour ne plus souffrir ; une intervention qu’il nous disait avoir subi pratiquement à vif. Si bien que le chirurgien dit à ses assistants : «Allez, recousez-le, j’en ai assez ! ». Il sera à nouveau opéré deux ans plus tard. Sa mère l’enverra en convalescence où il réalisera une toile représentant un arc-en-ciel dont il nous conta l’histoire : « Sous une pluie fine, un paysan arriva au loin me menaçant d’une fourche. Je le regardai naïvement, posé là avec mon chevalet et mon matériel, en plein milieu de son champ : « Qu’est-ce que vous faites-là !? » Me cria-t-il. Je le regardai toujours calmement. – Vous voyez bien, je peins. Je peins l’arc-en-ciel. Là… Vous voyez bien l’arc-en ciel !
-Comment vous peignez sous la pluie ?
– Mais je suis bien obligé pour le peindre !
– Ah ! (Me répondit-il). « J’ai cru que c’était un fou qui se tenait comme cela dans mon champ »
Huile sur Isorel, 75 Portrait en ma possession, qui a été malencontreusement vendu par erreur
Nus sur un lit, 75
Arlequins 70
Bouquet aux carafes et miroir, peinture sur dos d’Isorel, 1950Bouquet à la chandelle et compotier de prunes, 60
Photo de vente aux enchères, « Bris de sculptures » 75
Nature morte au bol jaune, 55/60
Nature morte sur palette, 70
Deux sculptures en plâtre
Trois plâtres en bronze, de ma collection plus un de ma sœur Françoise. Le fondeur du nom d’une huile bien connue, ne voulait pas restituer ni les originaux, ni les bronzes qui normalement faisaient partie d’un échange de quatre bronzes contre une toile de mon père. J’ai du le poursuivre en justice pendant prés d’un an, devant me rendre régulièrement à la gendarmerie de Saint Germain-en-laye pour l’avancement de l’enquête, avant que celui-ci accepte un arrangement et rende les œuvres en sa possession juste avant de passer au tribunal.
19 cm
31 cm
90 cm
35cm
Cinq ans après le décès de mon père, vers 1990, ma mère a eu une offre d’exposition d’un certain couple d’antiquaire galeriste, les Letailleur qui lui ont promis monts et merveilles, un livre d’art sur la vie du peintre et une liste d’adresses de 3000 clients potentiels invités pour un cocktail vernissage à la galerie rue de Seine à Paris. Toutes les œuvres, plus d’une centaine devaient être encadrées et j’avais avancé le coût du matériel, baguettes de cadres, carton, verre, etc. Je possédais déjà quelques outils, agrafeuse pointe diamant, presse agrafeuse de cadres, ayant exercé comme encadreur à Brisbane en 1987 (Revenu en France en 1989). Mes deux frères et moi avons fait tous les encadrements avant l’exposition. Notre entretien avec les galeristes ne nous avait pas impressionné, au contraire mais nous ne voulions pas aller contre la décision de notre mère. L’exposition eu lieu quelques temps plus tard. Le jour du vernissage, le cocktail était minable avec un ou deux plateaux de petits fours et quelques bouteilles de mousseux. Le livre promit n’était autre qu’un tout petit format de 10 x 10 cm avec des photos de mauvaise qualité, le texte ressemblant de très loin à la biographie que j’avais écrit en 1986… Dans la galerie, nous nous regardions les uns et les autres en réalisant que nous, les membres de la famille et cousins, constituions les soit disant 3000 clients invités ! De cette farce, nous y avons laissé quelques toiles que la galerie a gardé en payement des frais d’exposition. Rien n’a été vendu ; à la fin de l’expo, nous avons récupéré les œuvres restantes et à l’époque je me suis assis sur les frais d’encadrement…
Un autre triste épisode exposition Corsia eu lieu à Orgeval ou on y a laissé des plumes.
Pour finir sur une note plus optimiste, une très belle exposition a eue lieu à la Mairie du 5e devant le Panthéon en avril/mai 2008 organisée par Claire Corcia (Apparentée à la branche des Corsia/cia d’Algérie).
Corsia L’hédoniste de la couleur
Sculpture en plâtre Le baiser
Plâtre, portrait de femme
Plâtre de femme nue
Portrait de femme en bleu
Œuvres exposées
Groupe de femmes
Groupe de femmes
Extrait du critique d’art Waldemar George sur le mur de la Mairie
Visiteurs durant l’exposition’
En 1989 avait lieu à l’Espace Rachis une exposition rétrospective des œuvres de mon père, prêtées par Laroque-Granoff. J’ai eu le plaisir d’y voir de très belles toiles de mon père.
Des toiles sont toujours exposées à la galerie Daniele Bourdette d’Honfleur (Danielle avait exposé mon père en juin/juillet 1985 peu avant son décès.)
Portrait de femme 1980 exposé à la galerie D. Bourdette
Photo de Gilbert Corsia début 80 et portrait de femme à la Mairie du 5e
Mon père a quelquefois eu des prémonitions sur certains événements tel que la lacération du portrait de Van Gogh. Il avait fait ce portrait de Vincent, en collage peu avant que l’original soit vandalisé et l’avait intitulé « Van Gogh crucifié » Il pose à coté de son collage pour la presse.
Le Van Gogh crucifié
Gilbert posant pour la presse juste après l’événement du portrait lacéré.
Il a eu une autre prémonition un jour de juin 1973 en faisant ce dessin aux pastels. D’après un conducteur d’autobus, je serais passé à un feu rouge de la porte de Clichy, en moto, vers 22 h 00. Je ne me souviens de rien à part de m’être réveillé d’un coma de 3 heures, mon casque sur la tête, sur un lit roulant de l’hôpital Beaujon d’où je ne ressortais que 17 jours plus tard. Mon père s’était senti mal au même moment que l’accident dans sa villa de Pennedepie. Il m’a raconté plus tard avoir fait ce dessin peu avant cet accident et l’avait intitulé « La mort en un instant rayonne » et me l’a offert. Le visage de cette jolie femme est défiguré et sa main droite décharnée. (Cette photo ne montre pas ce dessin en entier)
Dessin de Gilbert, exécuté peu avant mon accident en 1973