Article de presse publié en 1955

Jerzy Waldemar Jarocinski Janvier 1893 – Octobre 1970 sous le pseudonyme de Waldemar George. Naturalisé Français pour son engagement volontaire dans l’armée française en 1914, Waldemar-George s’installe à Paris après la guerre où il épouse Claude Lavalley (1902-1989), fille du peintre Louis Lavalley. Il fréquente assidûment les cercles artistiques parisiens et devient critique d’art, homme de lettres, journaliste.
Le grand critique Waldemar George écrit, en 1955 :
« C’est dans le cadre d’un noble hôtel des quais que j’ai retrouvé quelques-uns de vos trésors : une figure de Modigliani…, un Vuillard, une scène de plein air de Bonnard…, un portrait de Rouault…, un volatile plumé de Soutine. C’est la, chère Katia Granoff, c’est au milieu de ces joyaux de l’Ecole de Paris qu’il m’a été donné d’apercevoir pour la première fois, Corsia. Pas un instant vous n’avez hésité à confronter ses œuvres avec celles des grands ducs de la Peinture Française… Cet Africain, ce pèlerin stellaire du monde occidental et oriental n’a pas choisi la voie des spéculations que certains qualifient de théorèmes plastiques. Son art est un langage et un mode d’expression spontané. Son savoir lui-même est une science gaie. Corsia cherche et découvre un secret millénaire, mais toujours renouvelé, celui de la peinture. Aucune marque étrangère, aucune influence directe ne peuvent être mises à jour dans ses tableaux, dont la facture est faite de pigments colorés. La moindre toile de Corsia a des prolongements dans le domaine du sensible. Elle a la densité et l’éclat de l’émail. Chaque impression qu’il fixe et enregistre, chaque coup de pinceau qu’il donne d’une main nerveuse, chaque strie est naturellement génératrice de vie. Cette pulsation parfois mystérieuse et ce battement des artères invisibles forment l’essence de son art ».
La famille Corsia serait prête à considérer toutes propositions sérieuses d’expositions, d’offres de musées, de mécénat, de dons afin de promouvoir les œuvres de Gilbert Corsia, ainsi que toutes demandes d’expertises des œuvres du peintre, anonymes ou non. Toutes œuvres répertoriées à partir de décembre 1985 ont un numéro de référence au dos, figurant dans le catalogue raisonné de l’œuvre du peintre, qui est en cours de montage. Tout possesseur d’une œuvre peut envoyer une photo (avec le dos s’il y a déjà un numéro à 4 chiffres comme ci-dessous) qui pourra figurer dans le catalogue et se verra attribuer un numéro de catalogue raisonné.
Un nouveau site fondation Gilbert Corsia et catalogue raisonné en cours de la plupart des œuvres de Gilbert Corsia est désormais visible en ligne: gilbertcorsia.com




Deux oeuvres trouvées sur Google, deux nus de deux époques différentes, probablement années 80 et 1950. La plus ancienne a un numéro de catalogue raisonné au dos N: 2888



Nouvelle oeuvre inédite trouvée sur le site Drouot d’enchères sur Google

Huile sur panneau d’Isorel, vers 1950, 73 x 50cm
Sept œuvres inédites toujours sur le site MutualArt qui a rectifié les dates de naissance et décès de mon père à ma demande, mais qui persiste à indiquer des dimensions erronées







Cinq œuvres trouvées sur Google sur le site MutualArt avec des erreurs sur les dates de naissance et décès de mon père 1905-1945 et peut-être sur les dimensions des peintures, toutes à 6ox73cm…





Deux œuvres vers 1950 en possession de mon cousin dentiste Norbert Sicsic, après le décès de son père.



Une partie des photos des oeuvres exposées à Honfleur… Les photos ayant due être recadrées, ne montrent pas entièrement les originaux. Les dimensions, supports et numéros de catalogue raisonné ne sont pas encore indiqués.








Trois oeuvres sur Google



Une des premières oeuvres du peintre

Sept oeuvres de Gilbert Corsia, collections de ma tante et cousins



Quatre oeuvres, collection de mon cousin




Deux oeuvres achetées par un collectionneur, ci-dessous, aux enchères au Havre.


Ci-dessous, 12 œuvres récemment acquises par un collectionneur. Les photos ayant due être recadrées, ne montrent pas entièrement les originaux. Les dimensions, supports et numéros de catalogue raisonné ne sont pas encore indiqués.












Deux portrait de Mme Wallard



Bébé comique Il est né adieu mélancolie Qui ? n’en rit, n’est porté au ris Il est né ce fils de folie Il est né adieu mélancolie
Ah l’impayable progéniture Fait qu’il est comme une déconfiture Il est né ce bouffon miniature Ah l’impayable progéniture
Des babies ont des auréoles graves Le nez, ici est le seul accent grave Ce cher comique ferait rire le plus grave Des babies ont des auréoles graves
Et ses parents sont bien contents Rient et s’esclaffent, la raison pourtant? Rien, le nez en accent grave du rejeton Et ses parents sont bien contents.










Une photo d’une œuvre qu’un collectionneur Mr J. Arnal vient juste de m’envoyer. Une des premières œuvres de Gilbert Corsia. Surement vendue vers 1948 par la Galerie K. Granoff. Celle-ci montre le style abstrait que le peintre ne reprendra qu’après la période K. G. vers 1960.

Cette œuvre aurait été revendue à l’hôtel de ventes de Semur-en-Auxois en 1988 par Me Stanislas Machoïr (Note au dos de l’œuvre)

Deux photos d’oeuvres trouvées sur Google, venants de sites d’enchères et dont un est attribué à George Corsia et non Gilbert. (Erreur de prénom)




Numéro de catalogue raisonné au dos : CR 2340

Numéro de catalogue raisonné au dos: CR 3611



Oeuvres, ci-dessous, en possession d’un collectionneur admirateur, M. Hubert Smadja, qui a connu Gilbert Corsia en 1975 en sa villa de Pennedepie.





















En 1947/8, Katia Granoff découvre Gilbert Corsia. Il écrira la préface de cette carte d’invitation pour son vernissage en 1949.


La période d’après guerre, qui lui permit de se faire connaître en passant au Salon des Indépendants, aux Peintres Témoins de leur Temps, Galerie Charpentier et au Salon d’Automne. Ces expositions lui firent rencontrer les sculpteurs Marcel Gimond et Jean Carton ainsi que Katia Granoff, qui lui permit à peine de tenir le coup jusqu’aux années 60, non sans le bloquer dans l’évolution de son travail. Sur une estimation de huit cent œuvres livrées sur 18 ans, un très grand nombre d’oeuvres acquises par K. G. se compose de natures mortes, de paysages et compositions florales d’une rare beauté mais qui le confinait dans un style qui ne le satisfaisait point.
Trois oeuvres trouvées sur Google en salles de ventes obscures à des prix ridiculement bas. Ci-dessous: Nature morte aux sardines sur un plat en terre cuite. Signé bas droit. Verso sur l’étiquette : coll. Katia Granoff. Dimensions : Isorel 64 x 53 cm. Vente aux enchères janvier 2021, vendu a Rotterdam



Les photos d’oeuvres ci-dessous de 1950 à 1960, pour la plupart, ont été livrées par Gilbert Corsia et répertoriées par la galerie Granoff. Ces photos, prêtées ne sont malheureusement pas de bonne qualité et ne peuvent être agrandies sans perdre en netteté.











Il ne retire aucune gloire ni fortune de ces dix-huit années de contrat, puisqu’il se retrouva enfin lui-même lorsque celui-ci fût rompu, sa peinture éclatant en un feu d’artifice de couleurs.




















Un des enregistrements de mon père par sa fille Michèle en 1975, transcrit quelques années plus tard.
Je m’étais basé sur ces enregistrements et la mémoire de ma mère en 1986, peu après le décès de mon père, pour écrire sommairement un début de biographie qui m’a servit de base pour créer ce site. Je me rend compte maintenant d’avoir oublié pas mal de détails sur la vie de mon père, donc j’ajoute cette transcription ci-dessous.
Interview sur cassette de Gilbert Corsia
Quelques réflexions et souvenirs… 1975.
(Mon père avait cet accent pied-noir et cette façon rigolote de parler. Ce qui nous charmait encore plus…)
Un musée. Pour un musée, je prévois une construction classique mais vivante. Pas le classique d’enfilade définitif. Classique avec des choses qui bougent. Par exemple une colonne va avoir une position différente par rapport à celle qui lui fait face… même quitte à la faire un peu en biais, un peu tordue, qu’elle ait l’air un peu de basculer et serait rattrapée par l’équilibre de celle d’en face… …naturellement ce serait en belle matière… de la pierre : Peut-être une parenté avec un temple grecque, une parenté lointaine. Le sol… le sol cela n’a pas d’importance, ça peut être un beau carrelage. Tout autour du musée il y aura des sculptures mais en mouvement aussi. Des sculptures qui auront l’air de courir autour du musée, de vouloir y entrer. Des choses comme cela qui bougent, qu’il n’y ait rien d’inerte. Qu’il n’y ait rien qui voudrait être définitif.
Centre Beaubourg (Pompidou)

Justement on parlait du Centre Beaubourg : le peu que j’en ai vu, et je n’ai fait qu’y passer… mais ce qui m’a plu justement c’est que cet espèce de bâtiment insolite, ce truc absurde, baroque, ce truc fait en tubes, en échafaudage, on a l’impression qu’un beau jour il va s’envoler. Tout va partir dans les airs. Donc je trouve que c’est bien, en fin de compte c’est léger. Cela m’a donné une impression de légèreté, de légèreté dans la densité.
Le Musée du Louvre – Vocation de peintre – premiers tableaux
Ce musée Beaubourg me fait penser au musée du Louvre où j’ai appris à peindre, et où j’ai mis les pieds pour la première fois à 20 ans. L’âge de 20 ans je pourrais appeler cela le printemps, 20 ans c’est le printemps. Le printemps a 20 ans toujours 20 ans, voilà. Je me méfiais de tout ce qui s’appelait musée. Je rentre au Musée du Louvre et je tombe en arrêt devant le Moulin de la Galette de Renoir, entre autres, et cela m’a tellement émerveillé ; prendre un verre avec de l’eau dedans et c’était un verre de lumière.

Je trouvais ça tellement prodigieux et comme je sentais que j’étais peintre… j’ai dit je veux être peintre absolument, ça devenait urgent et j’ai acheté mon matériel le lendemain même et j’ai commencé un tableau : l’aquarium. C’était vraiment le premier. Un petit tableau, oui c’était peut-être un 8 (46 x 38 cm), un de ces aquariums tout en verre, cylindrique. Donc c’était déjà un peu le cubisme. C’était parfait cette lumière, l’eau et puis, les poissons qui remuent dans l’eau, il y en avait un en argent et l’autre en or. C’est la peinture ça, c’est toute la peinture… les jeux des métaux, le brillant, le transparent. L’aquarium prenait tout le tableau presque. Les couleurs étaient très réelles, comme l’eau de l’aquarium et on voyait un petit côté de mur ou il y avait aussi un reflet vert. C’était valable du premier coup. Je l’ai montré et je l’ai même donné à un ami. Ça l’avait emballé, je lui ai donné, il a voulu l’encadrer, tout. C’était un encouragement. C’était en 1935. Le moulin je l’ai fait en 1937.

Catalogue raisonné numéro : 2428. Collection personnelle.
Il y a eu une période de flottement, après ça je ne retrouvais plus. J’avais trouvé cet aquarium et puis, tout à coup je flottais, c’était vaseux tout ça. C’est bizarre, il y a une période comme ça où l’on va directement à quelque chose et on le trouve et puis, après on l’oubli. On ne se trouve plus soi-même, on ne trouve plus les choses. Tout reste encore à refaire, à remettre en jeu. A la suite d’une opération que j’ai eue en 1937, ma mère m’a envoyé en convalescence et c’est là que j’ai fait le fameux petit moulin. Là ; j’ai voulu partir à zéro… j’ai fait une sorte de Corot, comme un petit Corot, que j’ai toujours d’ailleurs. Alors que je le terminais, le meunier me dit… « Faites-le moi en plus grand je vous l’achèterai ». Mon premier paysage d’après nature… déjà on me propose de l’acheter. Alors j’ai foncé… en une semaine je lui ai fait son tableau… plus grand. Il y avait une pièce d’eau qui descendait vers la roue et avant de descendre vers la roue la pièce d’eau était tout en acier, et après ça descendait ça faisait de la mousse, ça faisait du blanc vers la roue. Et il y avait des canards là-dessus. J’ai même fait des canards, des petites taches, des canards à col bleu. C’était dans le Loir et Cher. Alors j’ai fini le tableau, j’étais assez satisfait. Quand j’ai dit à ma mère que j’avais vendu un tableau 1000 fr elle ne voulait pas le croire. Elle croyait que je me moquais d’elle. Il a fallu que je lui montre l’argent… J’ai acheté de quoi peindre, fait un tas de choses, j’ai vécu dessus, quoi. C’était une grosse somme. Le plus beau c’est que j’ai demandé 1000 fr parce que je voulais décourager le meunier. Je ne voulais pas qu’il me l’achète, je me disais c’est trop beau. C’était un grand moulin, il y avait la roue du moulin, le moulin travaillait avec l’eau et il y avait le moulin aussi qui marchait à l’électricité. Il y avait toute une installation. Il y avait le vieux moulin et le nouveau moulin. Le meunier m’a d’ailleurs fait visiter son moulin. Un gamin de 22 ans qui arrive comme ça… qui est considéré… M. Corsia… un petit verre de liqueur, un petit verre de fine, un cigare ? Il me sort un gros cigare. Après il se met à marchander : enfin M. Corsia, vous n’allez pas me dire que vous gagnez des milles et des cents pour une semaine de travail, quand même ! …Alors il m’a marchandé 100 fr sur les 1000 fr, il m’a donné 900 fr. Et moi je suis parti moitié content, moitié triste, un tableau comme ça je ne pourrais jamais en faire un autre. Je ne pourrai jamais faire un tableau de cette qualité, de cette valeur. Et voilà. Au même moment, là-bas, j’ai fait plusieurs petites choses… un champ de blé… que j’ai détruit d’ailleurs, par la suite. J’ai fait une étable avec une vache, avec la croupe de la vache qui sort de l’ombre avec le soleil dessus. C’est là que j’ai eu le choc justement pour pouvoir repartir. A la suite de l’aquarium il y a eu cet arrêt et là je repartais avec ça. L’aquarium c’était à la suite de ma première opération aussi. Chez moi tout s’accroche avec des sortes de catastrophes. L’histoire de mes tableaux, mes différentes étapes sont reliées à des catastrophes, chaque fois que je manque de mourir. La première fois c’est mon ulcère perforé, tout de suite après je reprends goût à la vie très fort et peut-être que ça m’ouvre des portes. La deuxième fois c’était 2 ans après une autre opération justement, et ma mère m’a envoyé en convalescence et j’ai fait ce petit moulin. Voilà, et puis, j’ai fait certaines choses encore : un arc-en-ciel dans un champ sous la pluie… une petite pluie fine, et un paysan qui s’amenait de loin, je le voyais avec une fourche. J’avais planté mon chevalet en plein champ, sous une pluie fine et l’arc-en-ciel. Puis, plus il s’approche de moi, plus il prend sa fourche d’un air menaçant. Il me regarde, moi je le regarde naïvement…
-Qu’est-ce que vous faites ?…
-Vous voyez bien, je suis en train de peindre…
-Comment en train de peindre, sous la pluie, comme ça ?
-Je peins un arc-en-ciel, vous voyez bien l’arc-en-ciel là, je suis en train de le peindre dans le champ, il faut bien que je sois sous la pluie pour le peindre.
-Ah bon, je croyais que c’était un fou qui était comme ça au milieu de mon champ.
Les impressionnistes. Quand je suis rentré au Louvre j’ai vu certaines choses, les grandes tartines, Delacroix, Courbet, tout ça, ça me plaisait assez, mais l’impressionnisme c’était le coup de foudre : Aussi bien Claude Monet, La Gare Saint Lazare. Renoir, tout ça c’était au Louvre avant. C’était quelque chose de tellement sincère… la preuve c’est qu’aujourd’hui encore tout le monde adore.

l’impressionnisme. C’est une découverte pour tout le monde si longtemps après eux, alors qu’ils étaient tellement décriés à leur époque ; aujourd’hui ils sont toujours à la mode. Tout le monde aime l’impressionnisme au point de négliger ce qui n’est pas impressionnisme.
Renoir. J’aimais beaucoup Renoir parce que Renoir c’est la femme. Le Moulin de la Galette… qu’est-ce qu’on voit… on voit des jeunes femmes heureuses de vivre, toutes roses. C’est un grand bal avec des lumières, des lampions, ça fait dancing le soir. J’y ai dancé aussi au Moulin de la Galette, par la suite. Le décor était toujours pareil, c’est les petites bonnes femmes qui avaient changé. Voilà c’est ce côté charnel qui m’avait séduit. Mais j’avais beaucoup apprécié Claude Monet, je le mets en tête des impressionnistes, c’est celui qui s’est le plus recherché et qui a entraîné les autres avec lui. Cézanne lui doit beaucoup puisqu’il disait : il faut faire des portraits comme Claude Monet fait un paysage. Ce peintre qui allait par monts et par vaux, au bord des mers, qui allait traquer la tempête sur sa toile sur place et tout d’un coup il s’est fait son décor à Giverny, et là il peignait sur place, il ne bougeait plus, il avait tout sous la main. C’était une idée formidable et il a d’ailleurs surement été influencé par la suite, lui qui a influencé Cézanne, a été à son tour influencé par Cézanne, parce qu’il a compris que Cézanne c’est un type qui ne court pas après le sujet, il faut que le sujet soit posé sur une table et qu’il ne bouge pas et lui a fait pareil. Il avait son bassin avec les nymphéas, l’eau, la verdure autour, tout ça ne bougeait pas, il n’avait pas à courir après, c’était là. Il sortait de table et il allait faire son tableau. Il sortait de chez lui, il allait continuer sur un autre tableau et le temps passait par là-dessus : le matin, le soir, le midi, le soleil, le temps gris, etc. J’avais admiré Delacroix, Courbet beaucoup, Corot toujours. C’est la poésie Corot. Ça m’a séduit. C’est un poète Corot. On pourrait presque dire que c’est plus un poète qu’un peintre.

Claude Monet on a du mal à voir sa figure. On voit ce bonhomme avec sa barbe, vieux, alors qu’il a été jeune. On ne voit pas que Claude Monet a été à Honfleur, qu’il a fait des repas à la Ferme St Siméon de Vasouy, chez son ami Boudin et avec Courbet qui était aussi de la bande. Courbet était leur aîné mais ils se retrouvaient comme des gens du même rang, de la même valeur, se retrouvent. Claude Monet aimait beaucoup Courbet, Boudin, Bazille aussi. Bazille qui avait acheté son tableau : femmes au jardin… des élégantes avec de grandes belles jupes qui traînaient sur les graviers. D’ailleurs je l’ai ce livre sur Claude Monet, je l’ai eu à Noël. Ça m’a mieux situé Claude Monet, je l’ai mieux compris. Ses soucis… il se souciait beaucoup quand il faisait un tableau de rendre avec son esprit, ses facultés, de bien rendre le sujet. Ce n’était pas le type qui faisait n’importe quoi, en fin de compte.
Degas c’est un grand artiste, c’est un créateur. Ses danseuses… elles sont toutes bien faites. La femme qui danse, elle devient tout de suite belle. La danse ça ajoute encore quelque chose. Degas s’est servi aussi de la photographie… c’est un des tous premiers qui s’est servi de la photographie. Il aimait, il adorait la photographie, il en faisait. C’était les débuts de la photographie. C’était quelque chose qui devait étonner les artistes. Par exemple il y a une scène de ballet avec le maître de ballet qui tient son bâton, les danseuses autour, on sent très bien que c’est une photo ça, une photo qu’il a transformée en peinture. Ça se voit très bien, ça se sent, c’est trop parfait comme attitude, c’est trop photographique, ce n’est pas cherché. La recherche ça tord les choses, ça les fait différentes. Tandis que là, c’est tellement réel… c’est photographique. Il y a aussi une scène de champ de course ou on voit une calèche noire avec des personnages dedans et il y a un chien. Il avait photographié la scène et après il en a fait une peinture.

Degas était un chercheur qui n’avait pas peur de mélanger les genres. Il faisait beaucoup de collages. Par exemple si un pastel ne lui plaisait pas il collait un autre morceau de papier par-dessus et il le retravaillait… un peu comme je le fais. Quand même curieux comme gars. C’était un anti-Dreyfusard. Il s’est brouillé avec tous les juifs qu’il connaissait, qu’il aimait bien d’ailleurs : A un moment donné, par exemple avec le peintre juif, Pissarro, il s’est brouillé avec lui et il en avait de la peine de s’être brouillé parce qu’il parait que c’était un brave type, Pissarro, un très brave type. Un grand portraitiste, Degas. Gauguin disait même de lui : je ne suis pas Degas pour fignoler un pouce pendant 6 semaines. Je me retrouve avec Degas, c’est un peu moi aussi. J’ai fignolé quelquefois un visage, une main, un petit quelque chose comme ça, à l’infini, pour chercher une vérité, quoi. Et puis alors c’était un original. Il a beaucoup fait dans la couleur. Il a trouvé beaucoup de choses dans la couleur, dans les oppositions de lumière, dans les intérieurs. Des choses qui ont amené Bonnard par la suite. Il y a des baigneuses de Degas qui sont presque à la limite de l’abstrait tellement c’est beau. Tout est bien cerné. Ce n’est plus de la photo, c’est vraiment sorti de lui, c’est le travail. Le désir d’aboutir, de se dépasser.

Gaugin. J’aime aussi Gauguin. Il a fait beaucoup de travail dans ses visages. C’était un vrai coloriste. Il a pris beaucoup à droite, à gauche, à Cézanne, à Van Gogh. D’ailleurs tous prennent quelque chose à d’autres mais ce qui compte c’est ce qu’on apporte ce n’est pas ce qu’on prend. Ça n’a pas d’importance ce qu’on prend… c’est ce qu’on apporte. C’est une sorte d’échange continuel. Mais Gauguin j’ai eu du mal à y venir à cause de ses femmes qui sont toujours des métisses. Moi qui aime la femme blanche ça me gênait ça, et puis, après on y vient aussi, on aime aussi ces femmes pleines de santé, ces chairs dorées, tout ça. C’est tellement bien fait.

Van Gogh je trouve qu’on en parle trop et il finit par m’agacer. Il se plaignait de tout, de Gauguin. Il fait venir Gauguin, il se dispute avec lui et après il s’en plaint. On manque de l’assassiner, il s’en plaint. Oui il avait un coté pénible Van Gogh. Il avait des grandes vertus, c’était un ecclésiaste de la peinture. Tout était intéressant, les paysages aussi. Au milieu de toutes ses complexités il y avait un grand désir de joie, c’est ça, Van Gogh voulait être heureux comme tout le monde. Son rêve c’était de se marier, d’avoir des enfants comme tout le monde. De gagner sa croûte avec sa peinture. Il n’y a pas réussi non plus. Il est mort en se prenant pour un raté. Il faisait peur parce qu’il avait des brusqueries avec les femmes. Il s’y prenait très mal, il était très maladroit, il était très inquiet. A ses débuts il avait un parent qui s’appelait Mauve… ça m’a toujours intrigué ce Mauve. Un jour il écrit à ce Mauve ; il lui avait surement envoyé un tableau et il voulait son avis. Alors le malheureux Mauve se croit autorisé à donner son opinion et il critique ceci, cela. Van Gogh l’a agoni d’injures si bien qu’il s’est brouillé définitivement avec lui alors qu’il lui avait rendu service. C’était un petit parent à lui. Van Gogh est devenu une sorte de saint de la peinture. Il a une auréole. On ne peut plus rien dire de lui.

Salvador Dali, c’est très complexe aussi, un grand artiste. Quand il veut s’en donner la peine il peut faire des choses très importantes. C’est le gars qui est capable de tout utiliser pour l’aboutissement du tableau, pour aller jusqu’au bout de son tableau. Utiliser aussi bien la photographie, la vénus de Milo, une petite photo qu’il a vue d’une petite fille, un chien qu’il a vu aussi soit en photo soit dans une peinture et ainsi de suite et il mélange tout ça et il en tire un Salvador Dali. J’ai aimé toutes les choses importantes, ses débuts aussi. Certaines choses m’ont étonnées, c’est bien peint, on sent vraiment le peintre, le type qui était obligé de se débrouiller dans la peinture. Chez un peintre dès le début on voit s’il est fait pour ça ou pas. On ne peut pas tricher. S’il a fait ce petit paysage d’une telle façon, si ça a un certain charme, s’il est capable d’aller plus loin il ira plus loin. Les mauvais peintres ne font pas des choses intéressantes dès le début. La pêche au thon est un très beau tableau de Salvador Dali. D’ailleurs il a participé à une pêche au thon pour pouvoir faire ce tableau. Il y a beaucoup d’éléments là-dedans. Il y a des pêcheurs, il y a une mythologie un peu à l’arrière plan. Il y a tous ces petits poissons qui sont là et les thons qui sont transpercés à grands coups de harpons et l’eau qui est toute ensanglantée et il y a un personnage très curieux au 1er plan avec la figure noire avec des grands reflets de couleur. C’est une chose assez vaste assez importante, quoi c’est du bon Salvador Dali. Il y a la Fantasia qu’il a fait pour un milliardaire et qu’il a du vendre un bon prix d’ailleurs. C’est tout un tas de chevaux montés par des arabes. On retrouve même Salvador Dali aussi sur un cheval, en arabe et sa femme Gala, en cavalière, dans le tableau.

Rembrandt, Un peintre qui se reproduit dans un tableau: Rembrandt l’a fait souvent ça et c’est curieux que moi dans un collage j’ai mis un parallèle avec une juxtaposition de Salvador Dali et Rembrandt. C’est curieux je les ai mariés ensemble. Ils avaient un peu cet égocentrisme de se mettre en avant dans leur œuvre. Rembrandt s’est souvent peint. Par exemple, dans La Ronde de la Nuit je trouve que les personnages lui ressemblent souvent.

Dans un tableau aussi… le Syndicat des Drapiers. On ne sait pas ce qu’il s’est passé. Ça n’est pas possible qu’il ait fait le syndicat des drapiers où les personnages lui ressemblent beaucoup. Il y a quelque chose. Surement le tableau n’avait pas plu au drapier. Le syndicat des drapiers d’Amsterdam lui avait commandé un tableau où ils étaient tous là représentés. Et puis, en fin de compte on trouve que toutes les figures ressemblent à Rembrandt. Ça n’a pas plu. Ça arrive souvent quand quelqu’un commande son portrait. Ça ne lui plait pas de voir son vrai visage. Ce qu’il veut c’est un masque. Alors a mon avis, Rembrandt a du barbouiller tout ça et les faire ressembler à des Rembrandt.
Les grands flamands : Rembrandt, Bruegel, Rubens… dans certaines choses. Je n’ai pas de parti pris, j’aime ce qui est vraiment bien, ce qui me touche. Rembrandt ça touche toujours. Ça a été une de mes passions de jeunesse quand j’étais au début dans la peinture. C’était curieux parce que d’un coté j’aimais les impressionnistes et de l’autre coté c’était Rembrandt qui faisait le contrepoids.

El Greco c’est l’homme le plus libre par excellence. Tous ses tableaux sont hallucinés, tous ses personnages sont hallucinés. Ça dépasse la raison. C’est très déraisonnable mais c’est merveilleux. C’est toujours une grande envolée lyrique.
Un livre sur ma peinture… La peinture et moi. Il faut que je navigue là-dedans, c’est ce qui donnera de l’intérêt. Puisque c’est une vie de peintre. Il faut qu’il y ait les deux : la peinture et le peintre. De toute façon ma vie a été tellement mêlée à toutes ces choses, à tous ces peintres.

Ecole de coiffure/Georgette/Portrait de ma mère Ma mère m’a fait entrer dans une école de coiffure pour dames. Fer à friser et tout, comme dans le temps. J’y suis resté 2 mois. Ça me plaisait parce qu’il y avait beaucoup de petites jeunes filles. Certaines assez mignonnes. Il y en avait une qui était assez belle d’ailleurs. Celle que j’ai faite en pastel : mon petit Renoir… ce que j’appelle mon petit Renoir. Toute blonde… une italienne. Une italienne qui s’appelait Georgette. Elle a mal tourné par la suite. Je l’ai retrouvée. Elle se prostituait. Elle est venue poser pour moi rue Galande, à Paris, où j’avais une petite chambre avec ma mère. Et j’ai fait un pastel, un Renoir inédit… signé Corsia. Et j’ai fait aussi le portrait de ma mère… Le petit Rembrandt… dans cette chambre ou il faisait tellement sombre. Sans poser, je la regardais comme ça, je l’ai attrapée au vol, et d’un seul coup. C’était en 1936 quand j’étais libéré de la marine. Rien ne m’amusait sorti de la peinture.

Au Ministère des Finances, j’avais à peine 15 ans. J’y suis resté 6 mois. C’était aux Tuileries, j’y étais bien. A midi on allait casser la croûte ou on allait au restaurant, après on allait chasser les cousettes (Jeune ouvrière de la couture) qui venaient de la Place Vendôme. Jusqu’au jour où j’ai eu la malencontreuse idée de… j’avais mangé du merlan au restaurant : j’ai pris tout ce qui restait de mon merlan… de la tête à la queue, entier, impeccable. Je l’ai bien enveloppé dans un papier. Tout ça pour le porter sur le bureau du directeur, un petit bonhomme un peu apoplectique. J’ai cru qu’il allait éclater. Dès qu’il a ouvert ça il a eu un petit sourire résigné, l’air du type qui est prêt à toutes les catastrophes. On était assis en face de lui. C’était un peu comme une classe. On était un tas de jeunes, on classait les coupons de rente… Je finissais par en rêver la nuit moi des coupons. On avait pris le coup avec le pouce, ça valsait : des paquets de coupons. Et le bonhomme de son bureau de temps en temps il levait les yeux de dessus son lorgnon et il nous regardait. Alors tout de suite son premier regard a été pour moi. Tout de suite j’ai été repéré. Alors aussitôt il est devenu tout rouge… mais d’abord ce sourire résigné qui voulait dire je ne suis bon que pour les catastrophes. Après ça il me convoque devant le conseil de discipline du Ministère des Finances, dans une salle avec du velours sur la table, du velours vert. Tout ça pour un petit bonhomme de 15 ans qui classait des coupons de rente et pour une petite arête de merlan frit.
Je suis arrivé à Paris au mois de juillet et tout de suite ma mère m’a trouvée une place comme groom à l’Hôtel du Louvre. Ça me plaisait parce qu’il y avait un certain luxe, parce qu’on était nourri, ce n’était pas désagréable, ce n’était pas fatigant. Il n’y avait rien de fatigant. Il fallait faire des courses, aller acheter un paquet de cigarettes, etc. En plus on avait des pourboires. C’était pendant les vacances. J’ai fait 3 hôtels comme ça, au même moment, coup sur coup. Après j’étais à l’Hôtel George V, c’était le 2ème. J’aimais beaucoup parce que des fois on était de garde la nuit, on était avec les chasseurs. Parce que d’abord il y a le groom, le chasseur et le concierge – le grand caïd -, et la nuit il y avait les femmes. Le 3ème hôtel c’était l’Hôtel de la Tremoille. Un hôtel moins important mais douillet, plus intime. Je n’ai jamais gagné autant d’argent de ma vie et c’était bien tombé parce que mon beau-père était au chômage, c’était déjà la crise, la grande crise. C’était un jour de juillet 1929. Il y avait un chômage terrible en Amérique. Tout s’était effondré. Des fortunes avaient complètement sombrées. Les crises on ne sait pas d’où elles viennent. Peut-être à la suite de certaines maladresses financières, des abus, des incompétences, des négligences. C’est un peu comme un tremblement de terre qui arrive on ne sait pas trop d’où. Ça s’est préparé en sourdine sous la terre et puis, ça arrive. Et il y avait cette crise et mon beau-père ne travaillait pas à ce moment-là et moi j’arrivais avec 2000, 5000, 4000, 8000 ou 10000 francs en poche, en 1929. Il faudrait presque multiplier par 40… de très grosses sommes. Alors je pliais mes petits billets de 5 et 10 francs… je les pliais en tous petits carrés. Je ne sais pas pourquoi, j’avais cette manie. J’amenais tout à ma mère… tout. Je ne me payais même pas un croissant pour tout garder pour ma mère. J’étais content de l’épater avec tout cet argent. Le seul souvenir que j’ai aussi c’est qu’il y avait une galerie de vitrines de parfums, de bas, de sacs, des beaux sacs de luxe et il y avait là une vendeuse, une jeune fille pas mal du tout, très fine. Moi, j’étais amoureux d’elle. J’avais à peine 14 ans, elle avait peut-être 20, 22 ans. Et alors je me penchais et quand elle était penchée, dans l’échancrure de son corsage, je voyais ses petits seins, alors j’étais heureux comme tout, j’en rêvais. Voila une vie comme ça. Après j’ai repris au Collège de Pontoise mais c’était foutu, j’avais connu la vie, l’argent, le luxe même, bêtement, qui n’avait rien à voir avec moi. Je suis resté au collège encore 9 mois. C’est la que j’ai eu toutes les catastrophes avec mes petites sœurs. Il y en a une qui est morte l’espace d’un weekend… Alors que je venais tous les weekends, le samedi et je repartais le lundi matin. Alors j’arrive un weekend et il y en avait déjà une qui était à l’hôpital morte et l’autre bien malade aussi et la semaine d’après toutes les deux étaient mortes. Alors ça m’a dégoutté complètement du collège. Les deux petites filles, Roland, moi, plus mon beau-père et ma mère (Roger n’était pas encore né)… vivions dans une petite chambre, Impasse Putigneux. Un nom prédestiné, ça devait être une petite rue pour des putains quelque chose comme ça… Impasse Putigneux.

L’impasse Putigneux, également appelée cul-de-sac Putigneux, est une ancienne voie située dans le 4e arrondissement de Paris et qui a été supprimée en 1991. Son nom, qui date du xive siècle, est composé de 2 mots : « pute » et « teigneux ». En effet, cette rue était alors habitée par des prostituées (!)
J’étais arrivé d’Oran tout seul. Quand j’ai quitté le lycée d’Oran ma tante Anna m’a embarqué sur le bateau et à partir de ça j’étais tout seul avec un petit papier : Impasse Putigneux au 12 ou 7 ? J’arrive à la Gare de Lyon tout seul, il faisait beau, il y avait du soleil. Ma mère m’avait raté je ne sais pas pourquoi, peut-être qu’elle n’avait pas été prévenue du jour exact. Et puis, je vois : Métro. J’avais une petite valise, je me dis tiens on va voir ce que c’est que ce métro. Je suis dans le couloir et j’entends un grands fracas et il y a tout un train qui s’amène dans un couloir. Ça m’a vraiment étonné ça. Je monte, n’importe quelle direction, j’ai pris au hasard, je ne savais pas ou aller : Il y avait direction Vincennes-Maillot et j’avais pris Maillot donc du bon coté. Alors à 2 ou 3 stations… Saint Paul, je suis descendu et puis, je demande Impasse Putigneux ? …connait pas… Si bien que je vois un juif, marchand de chiffons, avec sa toute petite charrette. Il me voit arriver et la 1ère chose qu’il me demande : yiddish ?… je dis oui, je lui montre mon papier Impasse Putigneux. Alors il m’a emmené Impasse Putigneux. Ma mère n’était pas là, elle avait appris que j’étais arrivé et elle avait été à la Gare de Lyon, alors que moi j’étais là… enfin, la concierge me donne la clé, je suis monté et je me suis allongé parce que j’étais fatigué. Voila pour Paris… Mais moi dès que j’ai mis les pieds à la Gare de Lyon c’était fini, j’étais Parisien, j’oubliais l’Algérie, j’oubliais tout, tout de suite j’ai adopté Paris, tout de suite le 1er jour dès que j’ai mis le pied la Gare de Lyon j’étais Parisien. J’ai tout aimé à Paris.
Collège de Pontoise. J’ai connu le Collège de Pontoise après les vacances. Je ne sais plus où ma mère avait dégoté ça. C’était un collège pour gens riches le Collège de Pontoise. Il y avait même un prince Indochinois qui était là. J’avais sympathisé avec lui. Ça venait de tous les pays, il avait des Russes… des gosses Russes prétentieux. Il y avait 3 Russes, Il y en avait un qui te faisait des grandes protections, des grandes amitiés et tout d’un coup il te foutait un coup de poing quelque part parce que quelque chose ne lui avait pas plu. Un autre, qui faisait le clown et qui voulait absolument faire admirer ses prouesses. Pontoise c’est un mauvais souvenir. Je n’ai rien aimé là. Je n’aimais plus les études, rien ne m’intéressait.
Simone. Quand Jacqueline et Roger sont nés je vivais toujours avec ma mère, Jacqueline je l’ai retrouvée quand j’étais à la campagne chez sa nourrice, en 1937. J’étais encore avec ma mère jusqu’en 1938. C’est quand Simone est arrivée. Son père me l’a laissée : « Vous en avez fait votre concubine, vous n’avez plus qu’à la garder maintenant ou alors choisissez la correctionnelle ». Il me menaçait. Voila, ou je vous fais passer en correctionnelle pour détournement de mineur ou alors vous la gardez. Alors entre deux maux j’ai choisi le moindre, Simone pleurait comme une fontaine. Alors je lui ai dit : ça te plait de rester avec moi ? Elle dit oui… alors reste. Bon laissez-la, j’ai dit. Quels parents. Ma mère a rouspété, j’étais déjà à sa charge et en plus je lui amène une femme et en plus elle était enceinte. C’est pour ça que ses parents l’ont mise à la porte. Et puis, ma foi on n’était pas plus malheureux. J’étais content d’avoir une femme à moi mignonne et tout. J’avais 23 ans, elle en avait à peine 18. Michèle était en route …


























Deux oeuvres trouvées sur Google et en vente sur ebay


Collection de ma sœur Michèle








Deux très belles oeuvres de 1960 que j’ai trouvées sur Google, sur le site Proantic. Avec toutefois quelques erreurs qui devraient être corrigées ; sur le nombre estimé de 800 oeuvres délivrées à K.G. et non pas le nombre de toiles produite par mon père et la vue sur le jardin arrière de la villa de Pennedepie et non pas d’un parc au printemps…


Magnifique brochet plus vrai que nature… sur Lot-Art, salle de vente.

Quelques oeuvres de la collection de Françoise. (Ci-dessous)
















































































Quelques photos gracieusement envoyées par les descendants de Katia Granoff






Cet Article vient juste de paraître dans le journal Normand Ouest-France dans lequel de nombreux articles sont parus sur Gilbert Corsia et dont un des journalistes, amie d’enfance m’avait demandée de rédiger un court texte relatant la vie de mon père et ses enfants à Pennedepie.
(Quelques erreurs ont été faites par le journal. Mon père vivait avec sa mère, rue St Victor depuis fin 1930. L’achat d’une Citroen C4 de 1930 lui permit de visiter la Normandie. Mon père découvrit Overs-sur-Oise et les tombes de Vincent et Théo (Pas Monet, ni Giverny). La villa se nommait Villa Beauséjour. 3000 oeuvres ont été répertoriées plus une estimation de 800 livrées à Katia Granoff)





























































































































































































